GRANGE MONTSOURIS

Eco-restauration de la dernière vacherie parisienne

Édifiée entre 1846 et 1862 , la « grange » sise en fond de parcelle du 26-28 rue de la Tombe Issoire est le dernier bâtiment constitutif de l’ancienne « Ferme de Montsouris », l’un des rares témoins conservés du patrimoine agricole parisien. Elle se situe au-dessus d’anciennes carrières protégées par leur classement au titre des Monuments Historiques et avoisine des bâtiments de diverses époques.
L’ancienne grange est un grand bâtiment en longère de deux niveaux, construit en moellons équarris de pierre avec une toiture en bâtière couverte de tuiles plates. Sous la partie septentrionale du bâtiment a été aménagé un cellier dont le couvrement est constitué d’une voûte en berceau surbaissée. L’édifice, à l’origine conçu comme l’étable d’une ferme nourricière, a été amplement remanié au début des années 1960, afin d’accueillir un centre social : aménagement de planchers en dalles de béton, percement de nouvelles baies en façades, nouvelle distribution et cloisonnements intérieurs, remplacement partiel de la couverture.

La Ville de Paris souhaite y accueillir un lieu de répétition et de représentation pour une association de spectacle vivant.

Élaboration du projet en concertation

Un collectif porte un combat de longue haleine pour sa préservation. La pression foncière et spéculative a plusieurs fois mis en péril l’existence même de la bâtisse. Aujourd’hui largement associé au projet, le collectif d’habitants a participé au processus de conception. Lors d’ateliers, nous avons échangé sur les potentialités du lieu issues de notre diagnostic patrimonial et des recherches des riverains eux-mêmes et pris ensemble les partis de restauration.

Une préservation patrimoniale en synergie avec une mise en oeuvre durable et une amélioration des performances énergétiques.

L’approche est globale. L’utilisation de méthodes traditionnelles de construction ayant recours à des matériaux à fort impact entraîne une part majoritaire de la construction dans le bilan environnemental global du bâtiment. Nos choix constructifs, avec le recours à des matériaux locaux et biosourcés en quantité, conduit à une réduction importante du poids de la réhabilitation, venant ainsi s’harmoniser avec les économies réalisées sur le plan de la dépense énergétique.

Lien entre monde urbain/monde rural lisible dans la mise en oeuvre

Les choix constructifs veulent réactiver les liens sociaux et matériels qui unissaient monde rural et urbain. Nous mettrons dans nos choix constructifs l’accent sur l’approvisionnement ville-campagne par l’emploi de sous-produits agricoles. Le recours aux éco-matériaux, s’il présente des bénéfices techniques évidents pour la restauration, constitue également une possibilité de restaurer ce lien, de le rendre visible, notamment au travers de chantiers participatifs. Notre champ s’ouvre volontairement aux écomatériaux et non seulement aux matériaux bio-sourcés, de manière à y intégrer tous les matériaux de cueillette, du réemploi, la paille, la terre crue, le plâtre, la pierre massive et le bois.

Chantier participatif

L’approche patrimoniale se retrouve également dans la volonté publique d’associer les riverains à la mis en oeuvre de la restauration de la grange de la ferme Montsouris. En effet, la construction collective, le partage des savoir faire et la solidarité sont des valeurs propres à l’histoire du patrimoine agricole.  Apprendre, valoriser, échanger…, l’intensité sociale est un vecteur majeur de réussite de ce type d’opération.

Sa restauration nécessite la mobilisation de compétences aussi larges que spécialisées et complémentaires, rassemblées autour d’un même objectif.